
Avant hier : flou, terne, sclérosé.

- C'est fou, maintenant tout paraît absurde et loin comme si jamais je n'avais vécu une telle chose . Me morfondre, trembler à n'en plus finir et imaginer le pire ; Imaginer la suite, le futur qui en découlera .
Surtout, personne n'est là . Cela paraît simple pourtant. Être seul avec soi même . En tête à tête avec son "moi présent" et son "moi intérieur" . Ce dernier décidera de tout, garde enfoui au plus profond de lui ce qui fait mal, ce qui blesse et ce qui humilie .
Seulement une personne- celle qui a tout comprit, et nous soutient parce qu'elle, elle sait ce que c'est, ce que l'on peut ressentir dans ces moments là . Et puis, comment en aurais-je parlé ?- aux autres je veux dire- ; C'est insensé .
Ces moments. Ceux où l'on doit sourire pour ne pas laisser transparaître ce mal qui nous habite, qui nous ronge, qui nous prend et qui renverse et mélange tout sur son passage . Un vent froid glace irréversiblement et laisse des traces irréparables sur les carreaux tristes et vaporeux.

Écouter les autres se lamenter et acquiescer de temps à autres pour les laisser croire que vous leur portez intérêt, alors qu'au fond vous le savez, vous ne pensez qu'à ça. Plus rien n'est important, pour vous tout est dénué de sens, tout n'est plus . Chamboulement - Nous perdons les repères, les valeurs. Confusion entre le " je " et le "vous " parce qu'au fond tout le monde, d'un moment à l'autre pourra être dans le même état . Cela ne se joue à rien, une seconde, un oubli, une envie irrésistible, inconscience momentanée. Ensuite, tout arrive, - Il est tard, la nuit tombe, 18H45 - On presse le pas et on regarde autour de nous, on essaye de distinguer la moindre lueur qui s'affaiblirait puis battrait à nouveau plus fort - vert, bleu et croisement - C'est bon, on y est, soulagement, infime et faible : épreuve. La première et sans doute pas la dernière . Pas le courage alors je cède ma place . Enfin - Lis et relis, examine chaque ligne , une à une . Là, ce verre et cette eau dedans qui tremble et vacille au rythme accéléré de ma jambe . L'ultime moment . Encore une seconde à attendre , peut-être s'avérera-t-elle fatale . Les secondes sont donc précieuses: d'un geste élancé j'approche le verre, ce minime caractère à la silhouette régulière et au teint pâle est déjà là, il ne reste plus qu'à le faire disparaître / On y est .
Tout un tas de question et puis maintenant il ne reste plus qu'à attendre . Voilà ici le plus dur.
Délaissée, dépourvue de compagnie, éphémère relation dont nul autre ne s'inquiète .
Enfin, quelques plaisanteries , quelques mises en situation et réflexions mais tout est encore bien noir .
49 jours . Et là, c'est long, un peu trop même . Alors que vous n'y pensiez même plus puisque vous vous auto rassuriez voilà que tout ressurgit pour être pire qu'avant, un vent dévastateur et une pluie commence à s'abattre. Vous ne voyez plus la fin, vous faites des plans, construisez des croquis, prenez en note des adresses et divers renseignements. On vous pose quelques questions et vous essayez de rassurer alors que rien ne vas plus dans votre " moi intérieur " seulement c'est à vous d'affronter maintenant ..
Alors que tout aurait pu commencer, c'est ici que tout s'arrête. C'est ainsi que ça s'est décidé . La sentence, la voilà.
Le verdict tombe et vous lâchez prise, vous voulez crier, pleurer, hurler. Vous voulez atteindre le plus haut, aller sur un toit, les bras en croix, le regard en l'air, tourner, tourbillonner tant qu'il en est encore temps, crier au monde la phrase, cette dernière sous une pluie abondante . La pluie de vos maux , qui vous glace la peau.
Plus jamais désormais il ne pleuvra ainsi.
Mais au final, tout cela est bien ridicule et tellement petit ...

